GODOT

Je n’aime pas cette difficulté récente à composer des mots à l’encre sur papier, des lettres semblent désormais retenues dans ma mine du stylo. Barbichette fait le nombre impair dans le deux à deux des métis + blanches brunes / blondes inconnues passantes en regards et silences souriants restent à distance de mes dents de requin. Familiarité entre eux. Exclu je suis !

Rien à faire. Trouver quelque chose, trouver une chose à faire, trouver une occupation, quelque chose, garder ses larmes encore pour la dernière fois. Maroua un dimanche l’ennui. Attendre.

Tout a été dit par Buzzati. Cette langueur qui étouffe toutes les envies. Les rêves cessent comme la nuit et le dimanche coule dans la torpeur. Aucune [bonne] raison de croire à son arrivée. Waiting in vain une image belle comme un désir.

Elle s’avance dans le noir de la rue et pose les formes sèches de son corps sur une pierre. L’homme s’approche : le chasseur et sa proie, victime et croqueur, dans une valse consentante et troublante. Esquisses de sourires échangés, promesses d’instants plus intimes ?

Une femme gueule au téléphone les rencontres d’une journée à ses enfants lointains.

A la table d’à côté des rouspéteurs qui s’éclaboussent de leurs déceptions.

Les cris des enfants qui jouent avec une console électronique comme les curieux décalages que l’Afrique propose. Elle est belle. Demander la carte / manger. Se laisser gagner par la faim, le repas comme solution à l’inutile.

Une famille, le père, la mère et deux adorables fillettes, un petit bout d’chou qui babille.

Je n’ai donc plus de place. Arrive la foule qui accentue la solitude de celui qui n’a rien. Elle a son métis. 2+2 filles et garçons. Couples. Petite… de ces jeunes découvreurs du Cameroun. Les colons des temps modernes ont des armes subtiles. Pas un regard. Déjà tout conquis. L’espace est clos. Occupé comme des WC.

Le seul mangeur de la table d’en face a repris son livre. Gagner du temps avant d’aller se coucher. Seul. Se lève d’un pas ironique le bouquin dans une main, marche donc il y a encore un espoir. Il passe devant un couple. Une parole qui oblige l’écriveur à lever les yeux pour identification du sonore perturbateur. C’est étonnant comment les mots viennent / un des métis professe d’un ton assuré / vocabulaire docte / mots / savant.

Le causeur m’agace de ses certitudes entendues par bribes/probabilité. J’imagine les regards fascinés qui se jettent sur lui et dont il se délecte. 3 belles face à un con qui diffuse une scène de copulation. Agacement car mon écriture ne ressemble plus à rien. Si le mouvement de la main est rapide, les lettres sont cafouillées. Un solitaire penseur, un bavard dont les mots à haute voix chahutent. Un parfum passe dans une robe longue et moulante. Longiligne silhouette qui coupe la nuit et ses ombres. La face à forme d’un homme et d’une femme.

Inonder les boîtes aux lettres des autres mais toujours trouver la sienne vide. C’est une situation un peu étrange mais c’est ma situation et je vais y mettre un terme. Radicale décision sans outrance. L’autre solitaire qui avec moi reste à une table distante accueille l’assiette de son repas laisse son bouquin pour se sustenter par de lents mouvements calculés. Je passe une commande différée pour cause de recherche d’information le plat demandé doit exister avant de m’être apporté, évidence technique, finalement c’est une pizza. Le cercle des couples s’élargit et barbichette tient le rôle du solitaire en mission chez les couplés. Il témoigne et renforce le caractère unique d’un statut peu enviable. Elle est souriante en robe bleue. Les deux non-blancs sont en minorité à la table des … . Les choses prennent une allure normale. Tourner les pages du carnet trouver de la place. Nintendo crache des bruits. Les espaces de la page se réduisent à encrer des mots cafouilleux. 

Un des solitaires attablés qui le … . Sa chambre pour destination/refuge.


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2 réponses à « GODOT »

  1. Avatar de karayannis
    karayannis

    JE SUIS BLOQUEE. JE N ARRIVE PAS A APPOSER UN COMMENTAIRE DIGNE DE CE NOM.
    JOLI TEXTE IMAGE
    L AFRIQUE ME PARLE, BIEN EVIDEMMENT A TRAVERS TA PLUME. MERCI

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  2. Avatar de Zoa Akoa Magalie
    Zoa Akoa Magalie

    on attend une suite…Une belle plume.

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