L’aventure n’est qu’une succession d’instants une envie d’écrire des mots lourds de soleil pour chasser les nuages, la brume, espérer, compter les petites joies et tous les instants… guidé aussi par l’envie de ne jamais perdre le goût des choses de la vie, la magie de la rencontre, le plaisir de prolonger l’instant, la confusion qui crée le désir… chercher/trouver encore un moyen, une manière, un geste, une façon de s’évader, d’aller + loin… je suis d’ici, de cette vie cadencée d’un pas nonchalant, des soyas de la Brique que l’on avale à grand renfort de salive, des courbes molles et un peu lasses des femmes en pagne, des gamins qui jouent au foot en tapant dans une boule de chiffons… je suis de là-bas, où les filles sont blondes et filiformes, urbain scotché à la terrasse d’un café feuilletant les pages d’un Libé… je suis de Maroua avec ses cases posées dans un alignement tranquille et trop sage sur une bande de sable coincée entre les mayos… beaucoup de sable, d’arbres qui luttent pour rester vert et des rêves de voiles tendues pour prendre les vents… je suis de Lyon, les séances cinéma sur écran-géant-son-dolby-stéréo, les galeries d’art contemporain, la biennale de la danse, les visites quasi-quotidiennes à la FNAC, les pubs enfumés animés par un trio de jazz que l’on écoute en buvant une Adelscott sous le regard de la barmaid dont le percing qui cyclope sa langue laisse supposer/imaginer… les nuits salsa où de féminins corps pâles et souples viennent s’encanailler contre de mâles bustes café… une vie qui s’oublie qui se loftorise… je suis d’ici en exil… en équilibre imparfait entre le noir et le blanc