
Pâques. Ressurection. L’espoir d’une renaissance. Recommencer. Tout recommencer. Repartir. A zéro. S’auto-restaurer. Inverser le schéma qui nous guide depuis les origines, depuis le premier jour, depuis ces violentes décennies troubles qui ont inventé un système impuissant sauf à illusionner le peuple en agitant la mathématique totalement incertaine d’une mécanique fonctionnarisée qui régente tout, qui ordonne l’uniformité, qui mutile les identités, qui agite les vieilles peurs pour engourdir nos sens et nos volontés indisciplinées Recommencer. Tout recommencer. Echapper aux honneurs supposés de l’élévation par décret, aux discours indigents déclamés pour rassurer, aux replis identitaires sur les territoires anomiques du proto-tribalisme … S’affranchir des errements aux limites de l’insincérité et de l’incompétence. Dejouer l’invariance des dispositifs. Imaginer. Proposer. Une fugue subtile et salubre hors des catégories considérées comme absolues [« Le Cameroun c’est le Cameroun »]. Pâques. Résurrection. Sortir de la pénombre. Réparer la souffrance. Renverser la dégradation. Corriger les erreurs. Satisfaire les impatiences. Comprendre les options existentielles tumultueuses mais pressantes. Et se demander pour quelles raisons nous permettons encore à des personnes si peu responsables, si peu qualifiées [et si peu élues] de prendre en charge nos destins terrestres … L’horloge tourne. Faire des choix. A l’aube de la vie d’une nation. Quand vient le temps qui vient après le temps des réjouissances. Quand nos corps inflammables, chahutés par des émotions imprévisibles et insaisissables, s’emportent de volonté furieuse. Quand les apologues, les illettrés, les caciques, les dechargés de mission en mal de militantisme, les predateurs et les spoliateurs, les coquins, les taux patriotes, les administrateurs incivils, chatrés par la mesquinerie de leurs ambitions n’apportent aucune solution. Quand la question des Lions Indomptables, dans un système-foot dorénavant rationalisé, sur le terrain et dans l’organisation, la gestion, l’administration, est aujourd’hui toujours l’affaire d’une poignée d’individus. De gloire passées. D’affairistes sans scrupules. D’intermédiaires douteux. De joueurs professionnels. De dirigeants amateurs .Quand la culture et les arts du cher-et-beau-pays-berceau-de-nos-ancêtres-et-de-Françoise-Mbango ne se réduisent point au folklore de quelques manifestations néo-patrimoniales [Ngondo, Nguon, …] indécises/indécentes entre authenticité recomposée, primitivité revisitée, identité sponsorisée … lutter contre toute la somme de stéréotypes qui effacent, oublient, méprisent les innombrables lieux et talents en jachère. Dépassement du tribal. Mettre en scène le vêtement, les matières culinaires, le design des objets. Quand la décomposition de nos mégavilles paupérisées constitue, paradoxalement, un incroyable prétexte esthétique, une alternative vitale, une réponse ironique, une expression contemporaine, urbaine, audacieuse, de cet improbable entre-deux, à la fois figé dans une jubilation extatique et proche de l’écroulement, dans lequel semblent perdus les petits enfants de Paul Martin Samba. Quand l’education [de base, primaire. secondaire] et les méthodes pedagogiques doivent etre profondément révisées. Pour en finir avec un systeme inutilement punitif. Pour encourager l’acquisition des connaissances et le développement des bonnes pratiques citoyennes. Pour apprendre aux élèves à construire un projet personnel fortement arrime aux perspectives d’emploi. Quand il est encore possible, en dépit du scepticisme des buveurs bavards, de créer un espace estimable pour décrypter, analyser, commenter, cogiter imaginer, proposer. Une résurrection. Un renouveau.
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