Ça y est, nous y sommes! Le 04 novembre 2008. Après des mois de luttes âpres, de doutes lancinants, d’émotions débordantes … ça y est, nous y sommes! La crise financière agite de spasmes douloureux les économies sous toutes les latitudes, des épisodes violents traversent les géopolitiques du monde, de l’Afghanistan à l’Ukraine, du Soudan au Kivu, aux limites de notre cher-et-beau-pays-berceau-de-nos-ancêtres des territoires demeurent encore, des jachères insoumises qui riment avec piraterie et toutes les violences, des espaces flous hors des lois et des normes … mais ça y est, nous y sommes : mardi 04 novembre 2008! Un jour dans l’histoire des hommes. De tous les hommes. Un rendez-vous démocratique crucial pour une nation. Pour toutes les nations. Un verdict attendu. Qui déterminera notre futur. Les destinées collectives. Un petit pas [sans doute], après 20 mois de campagne électorale, de meetings, de discours, de débats … un pas de géant si, aujourd’hui 04 novembre 2008, les Américains désignent Barack Obama comme Président !

Tout a été dit sur l’incroyable trajectoire du jeune sénateur. Tout a été dit sur le formidable espoir que représente Obama. Espoir d’une refondation de la société américaine. Pour une rupture forte et sincère avec les années Bush. Espoir d’un changement dans la nature des relations entre les Etats-Unis et le reste du monde [Barack Obama semble incarner une volonté de refermer certaines parenthèses douloureuses – la guerre en Irak, par exemple – chargées de malheurs et de drames] en composant avec les autres pays de la planète, en empruntant désormais les chemins de la diplomatie et de la concertation, en désertant dorénavant des « issues» portées par la seule matière militaire [car il n’est pas certain que l’Amérique ait encore l’ambition de vouloir assurer à elle seule – même soutenue par des alliés de circonstances – le contrôle de la marche du monde] … espoir, aussi, avec Barack Obama, d’une manière autre de faire de la politique, par sa jeunesse mais également par la force de ses convictions, par les valeurs qu’il affirme, par les choix qu’il assume – notamment en dépassant les clivages/pièges – raciaux ou idéologiques – par l’audace qu’il incarne !
Tout a été dit sur les symboles que porte, dans son sillage, Barack Obama … ce pari extraordinaire que fait l’Amérique, ce choix qui « ringardise» – tant la comparaison est inimaginable, au-delà des schémas acceptés – d’autres nations, toutes ces veilles donneuses de leçons, qui ont vu naître des révolutions et s’achever tant de rêves de liberté, d’égalité, de fraternité …
Tout a été dit sur la tempête qui s’annonce, sur les records attendus de participation [les évaluations des opérations de vote anticipé organisées à travers tout le pays estiment qu’environ 30% des Américains auraient déjà déposé leurs bulletins dans l’urne], sur l’implication des jeunes et des modestes gens dans la campagne …
Tout a été dit … et puis il reste un espace géographiquement déterminé et historiquement structuré à l’intérieur duquel pourraient s’établir, comme dans tous les espaces géographiquement déterminés et historiquement structurés, au revers des chagrins, des lassitudes, des contingences, des projets qui associent les individus. Et les catégories d’individus. Cameroun. Loin des changements qui animent notre planète.
Cameroun. Comme une triste et lamentable reddition face aux enjeux/défis d’un monde nouveau. Cameroun. Quand d’autres avancent à pas de géant.
Laisser un commentaire