Décembre 2017
Pas de repères tangibles. Pas d’indication. Même ironique. Comme une annonciation fantasmée. Aucune boussole au cœur du labyrinthe. Tentaculaire. Pourtant. L’énigme reste entière. Pour les poussières de voyageurs effarouchés, les foules frissonnantes, voilées de silence. Et quelques lettrés habillés seulement de toute leur âme. Les cartes dessinent d’invisibles traces. L’intemporel s’efface sous le pittoresque. Les certitudes ont passé avec l’oubli un curieux et déraisonnable pacte. Une étourdissante algèbre compose, entre rudesse et suavité, des strates de codes surréalistes, hermétiques à tout souci d’assurer, véritablement, durablement, simplement, un mieux-être au plus grand nombre… éducation, santé, commodités [accès à l’eau, à l’électricité, au logement], travail/revenu/précarité… tout va si mal, ici, au cher-et-beau-pays-berceau-de-nos-ancêtres-et-de-Françoise-Mbango.

L’odeur lourde des frangipaniers murmure au creux des collines charnues. Un ciel aux couleurs d’incendie dévore l’horizon. Les barbares festoient. Pourtant. Quand il conviendrait, dans notre situation d’extrême fragilité [sociale, économique, identitaire…], de développer avec toute la force de notre créativité une nomenclature de réponses aux aléas et d’ajuster en contrepoint un schéma de gouvernance adapté, accepté, ouvert, efficace permettant, à défaut de les anticiper parfaitement, de réduire les risques et leur impact. De disposer, en somme, d’une véritable agence d’appui technique et de recherche appliquée au développement. Qui traverserait, afin de les accompagner, les différents secteurs de l’activité publique. Pour évaluer/prévoir ce qui produit ou contraint les usages marchands ou non marchands. Pour évaluer/déterminer le rôle nouveau des organisations urbaines, entre territorialité [ou découpage, par subdivisions administratives] de l’espace vécu en commun et contestation [ou affirmation, par le jeu d’un fonctionnement paradoxal du système rivalités-médiation] de l’ensemble des logiques de pouvoir. Ou autour du pouvoir. Pour évaluer/éclairer, tant les déterminants des modes de vie que la manière dont les changements, dans la sphère du hors-travail, par exemple, figurent des usages économiquement ajustés et des pratiques socialement normées… pour évaluer/questionner les migrations de populations à différentes échelles [locale, régionale, nationale] ainsi que les dynamiques spatiales adjacentes et repérer/mesurer les modalités de recomposition sociétale ou, a contrario, de crispation ethno-tribale ainsi proposées.
Le brouhaha des boîtes à danser. Toutes ces gesticulations improbables [illusion de croire que l’instant décisif d’une vie va se jouer sous les lumières clignotantes…]. Cette surprenante fièvre du samedi soir et son inaltérable besoin de déployer charmes et atouts pour des conquêtes qui, toujours consommées en hâte et sans égards, prennent fin avant le lever du soleil. Pourtant. La nuit comme une métaphore de notre trajectoire. Avec ces figures idéologiques déboulonnées. Ces artifices d’un temps par delà le temps. Et l’inquiétante relecture des présupposés [démocratiques, dit-on] qui, désormais, flottent au gré des intérêts de quelques éminences dévoyées vouées au culte forcené des apparences et autres trompeuses opacités qui ruinent les futurs d’une nation, dilapidant les espoirs d’un peuple. Les lettrés ont tant de combats à gagner. Pour passer vers demain.
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