OU SONT PASSEES LES GAZELLES

Octobre 2011

Beaucoup de membres éminents de la classe politique camerounaise – cette bourgeoisie indigène paranoïaque et autiste, repliée sur des certitudes obsolètes – sont, ce jour, convaincus d’avoir, jusqu’au 8 octobre dernier, conduit une véritable campagne électorale, articulée autour de vrais programmes…

Beaucoup de membres éminents de la classe politique camerounaise – ces dénonciateurs et leurs colères tirées des quotidiennes réalités humiliantes – sont dans la posture satisfaite de ceux qui estiment que les semaines écoulées ont montré leur capacité à élaborer une stratégie de conquête – ou de conservation – du pouvoir, méthodique et démocratique, en proposant, pour chacun des domaines – santé, éducation, sécurité, emploi… – qui font le quotidien de nos compatriotes, pour chacun des aspects – justice, administration du territoire, défense, relations extérieures… – de la vie de la nation, les changements envisagés, de chiffrer le coût de ces modifications en estimant les moyens et les ressources disponibles pour leur financement, de suggérer les modalités ou la forme de l’entité [un ministère ?! un ministère délégué ?! un secrétariat d’Etat ?! une agence gouvernementale ?! une mission interministérielle ?! un établissement public ?! une commission parlementaire ?!] qui devrait, dans un souci d’efficacité et de performance, gérer chaque sujet d’avancer une typologie des nouvelles instances et formes de concertation ou d’accompagnement des réformes… mais je n’ai pas vu grand chose qui ressemblait à cela !

Et de façon subséquente, je constate avec étonnement que de grands silences assourdissants, de grands oublis inquiétants, ont traversé les débats ou les discours des orateurs incolores aux idées courtes, tout particulièrement quand il était question de notre économie et des mécanismes supposés l’orienter vers des lendemains qui ne déchanteront pas. On n’a pas parlé du Code des Investissements. On n’a pas parlé des Zones Franches [éventuellement industrielles]. On n’a pas parlé du bilan de la Société Nationale d’Investissements. Ni de l’évaluation des programmes économiques. On n’a pas parlé de l’amélioration de la dépense publique [par la révision des procédures des marchés publics et des procédures du BIP – le Budget d’Investissement Public]. On n’a pas parlé des partenariats publics-privés en cours. Ou à initier. On n’a pas parlé du rôle de la Caisse Autonome d’Amortissement. Ni du Comité Technique de Suivi. Ni de la Société de Recouvrement et de Créances. On n’a pas parlé de la dette intérieure de l’Etat. Ni d’ailleurs non plus des emprunts obligataires lancés ces derniers mois… On n’a pas parlé de la coordination de la coopération bilatérale et multilatérale. Ni de suivi-évaluation des accords de partenariats. On n’a pas parlé de la fiscalité des TPE – ces Très Petites Entreprises qui pourraient employer des Camerounais dans les secteurs de l’artisanat [pas le machin à faire des masques de pacotille mais l’ensemble des métiers manuels] ou des services.

Certes on a bafouillé quelques généralités sur le financement de l’entreprenariat privé [sans mentionner les établissements de micro-finance] mais on n’a pas parlé du coût des procédures administratives… On n’a pas parlé de l’économie solidaire. On n’a pas parlé des GiC. On n’a pas parlé de l’action sociale des entités non-gouvernementales. On n’a pas parlé de ces choses [et de leur fonctionnement trop souvent imparfait disent les lettrés scrupuleux] qui structurent le dispositif de production de richesses au Cameroun. On a épuisé d’interminables catalogues de promesses. Rien de plus.


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