C’ETAIT ECRIT AINSI

juillet 2011

Un jour, j’ai été contacté par une journaliste travaillant pour le mensuel Evolution qui souhaitait m’interviewer au sujet de la probable tenue d’un congrès du RDPC. Première réaction : j’ai demandé à recevoir, par mail, le protocole d’interview. C’est toujours ainsi que je procède. Questions écrites. Réponses écrites. La journaliste a accédé à ma requête. Et le questionnaire ci-dessous m’a été envoyé. 

Le congrès à venir du Rdpc suscite moults contoverses, dans la vie politique et sociale du Cameroun. Nous nous rapprochons de vous afin d’avoir l’analyse du ploitologue* que vous etes.

E1- Va t-on vers un congrès à hauts risques? 

E2- Est-il possible que Paul BIYA ne soit pas reconduit dans sa fonction de président national du Rdpc?

E3- Dénombrant toutes les motions de soutien qui fusent à l’intention du Président actuel du Cameroun , il est clair qu’ il pourrait reconduire sa candidature aux prochaines élections présidentielles. Cependant, l’événement est l’augmentation ou non de l’effectif au Comité Central de ce parti, selon vous qui serait à même d’y entrer? 

E4- Si Paul BIYA est maintenu à son poste de leader du Rdpc, des mécontentements quitteraient-ils le navire?

E5- Le parti des flammes survivrait-il à Paul BIYA?

L.L.

Deuxième réaction [à la lecture des questions posées] : l’approche retenue était, selon mon appréciation, sans aucun intérêt ! Ce que j’ai fait savoir à notre journaliste. Troisième réaction. Pour ouvrir une option : la formule de l’interview consomme mon temps au-delà du raisonnable car, systématiquement, je me retrouve obligé de réécrire toutes les réponses, pour éviter que le passage du dictaphone vers Word ne soit le prétexte à toutes les déformations/transformations de mon propos… Alors, par souci pédagogique, j’ai donc poussé l’engagement jusqu’à transmettre à la personne un article paru sur www.slateafrique.com qui me semblait être une exploitation judicieuse d’un entretien. Ou d’une série d’entretiens. Mais devant l’insistance de notre journaliste camerounaise à vouloir m’entendre parler de ce fameux «congrès du RDPC», j’ai finalement accepté que l’on se rencontre pour lui dire, en face, ce que je pensais de ce vrai-faux sujet ! Passons sur les retards [spécialité camerounaise à laquelle je ne sais toujours pas me résoudre], Passons sur les rendez-vous non honorés sans un mot pour s’excuser [autres spécialité camerounaise à laquelle, non plus, je ne sais toujours pas me résoudre], passons… et nous voilà donc en position de discuter. Premier temps [pour commencer par un rappel] : je ne voulais pas d’interview. avec justification à l’appui. Notre journaliste a donc posé le dictaphone qu’elle s’était empressée de dégainer, à peine assise. Et elle a tiré de son sac un cahier + un stylo. Pour griffonner des notes. Louable effort de captation d’une logorrhée. Deuxième temps [matière pour un article] : je suis revenu sur mon appréciation selon laquelle il est vain d’attendre une chose extraordinaire d’un congrès du RPDC. Avec explications et somme d’arguments en soutien de cette opinion. le cahier s’assombrissait de lignes à l’encre tracées. Notre journaliste camerounaise devenue greffière ne manquait aucune de mes paroles. Troisième et dernier temps [en guise de conclusion. et pour terminer par un autre rappel] : j’insiste sur le fait que je ne veux pas que mes propos soient rendus sous la forme d’une interview. Notre journaliste camerounaise l’a juré-promis ! Aujourd’hui dans un kiosque à journaux, j’ai trouvé et acheté Evolution. Avec mon interview.


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